Archive pour la catégorie 'Le lien Corps-Esprit'

“Toute société a besoin de folie”, TAHAR BEN JELLOUN.

Lundi 17 mai 2010

Citation extraite du site “psychiatrie infirmière” sur l’ethnopsychiatrie dont vous trouverez le lien ci-dessous;
…”Toute société a besoin de folie, écrit le romancier Marocain TAHAR BEN JELLOUN.
Dans les sociétés industrielles développées, le fou n’a pas sa place. Parce qu’il est en marge de la culture et de l’ordre économique, on l’enferme: on le sépare de la vie. La persistance de l’asile prouve combien la folie continue d’étendre ses pouvoirs d’inquiétude sur toute certitude”. Et de rappeler qu’en Afrique, il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait parler de cultures où la folie était l’expression d’une grande sagesse. Le fou était en quelque sorte l’élu de Dieu et de la Vérité dans les sociétés Africaines et Arabes. La distinction entre le normal et le pathologique relevait d’un univers culturel étranger à ces sociétés. Le fou était intégré dans la collectivité. Sa prise en charge était l’affaire de tout le village.
Ses “troubles” étaient considérés comme l’expression d’une réflexion approfondie pouvant se confondre avec une crise mystique.

Pour “guérir” le sujet, c’est-à-dire en fait pour rétablir un équilibre naturel autant que social menacé, le guérisseur va, à travers de nombreux rites auxquels toute la communauté prend part, rechercher l’esprit responsable du mal puis l’apaiser en respectant ses goûts. Décrivant cette forme de sociothérapie à travers les cérémonies spectaculaires du “n’doep” chez les populations LEBOU au Sénégal, deux ethnopsychiatres, Karl SCHMIDT et Jean GODIN, racontent qu’une grande fête est organisée sur la plage. Le patient en est la vedette. les danses durent plusieurs jours et un boeuf est sacrifié. Des rituels nombreux ont pour but de faire sortir l’esprit intrus du corps du malade et de le canaliser dans des endroits appropriés. La fête prend fin avec l’épuisement des participants, qui émergent peu à peu de véritables états de transe.

Commentant l’efficacité du “n’doep”, Karl SCHMIDT et Jean GODIN notent que les succès thérapeutiques obtenus ainsi par les indigènes sont remarquables quand il s’agit d’états “psychogènes”. Ils sont d’autant plus efficaces que le malade est plus fortement attaché à sa foi ancestrale. Ils observent également qu’il n’est pas étonnant que ces cérémonies rituelles, par les émotions qu’elles véhiculent, par la tolérance qu’elles manifestent, par la chaleur humaine qu’elles dégagent et par les régressions psychiques et les réorganisations de la personnalité qu’elles supposent, aient pour conséquence la réinsertion du sujet dans son groupe, sa tribu, sa société et, plus généralement, dans son “monde”.”

…Suite sur le site :
http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/ethnopsychiatrie/culture.htm

Quand arrive une crise …

Mardi 9 mars 2010

“Quand arrive une crise
J’arrête, stop à l’alcool : détermination
Agir avec détermination et non par volonté.
La volonté : c’est l’obligation de se refuser du plaisir.
La détermination : c’est la joie et le plaisir d’accomplir sa décision
Je gardais en mémoire le film « La femme de ma vie » avec Christophe Malavoie et Jean-Louis Trintignan où le premier est un violoniste alcoolique qui va être aidé par le second ancien alcoolique.

Ce que j’ai retenu de ce film et mis en pratique est que :
quand une crise se présente, il faut s’occuper à tout prix, occuper son esprit !
- prendre une douche
- cirer les chaussures
- faire une promenade dans la nature si possible
- marcher, bouger…
- faire autre chose pour occuper son esprit ; tout y passe pourvu que ce soit actif, la vaisselle, le jardinage, laver la voiture, ses vêtements, couper du bois, bricoler, aller à la piscine, faire du vélo, du sport si on peut, etc.

Tout cela me fut bien utile.
Notamment la douche et le bain qui apaise et aussi les promenades dans la campagne. Promenades actives physiquement tenant plus d’une marche sportive et bouillonnante mentalement .
En effet, l’état d’esprit dans ces moments-là est sens dessus dessous et ce fut, je crois une bonne chose pour un éventuel entourage que je fus seul. En effet, dans un tel état émotionnel, je crois que l’entourage aurait du subir mon extrême nervosité et en cela eut été un bouc émissaire bien pratique. (Ceci est à prendre en considération par des lecteurs éventuellement concernés : « ménager votre entourage. »)
Cela m’a aidé d’être seul. En effet, issu d’un milieu limitant et habitué à me débrouiller par moi-même, j’ai pu livrer seul mon combat contre mon démon intérieur, ce qui est le mieux me semble t-il !
Toutefois, il est certain qu’un entourage aidant peut être très bien venu pour le principal intéressé si et, seulement si, cet entourage est très motivé et si et surtout si le principal intéressé est réellement déterminé pour arrêter l’alcool.
Si et seulement si, il le veut , vraiment, au fond de lui, si la prise de conscience est là, vraiment là. Si la décision a été mentalisée et est de fait acquise. sinon cela risque de tourner à l’enfer pour l’aidant. Etre aidant, oui, sauveur, non ! “

Ce texte est extrait du mémoire d’un stagiaire - que je trouve intéressant non seulement pour stopper l’envie d’alcool, mais plus globalement pour toute crise émotionnelle. Le texte est intéressant aussi sur le lien entre le corps et l’esprit, sur le rôle de l’entourage.
Elisabeth