Echanges autour de la question de l’autonomie affective ….

Bonjour à vous tous, toutes,
J’observe en ce moment à quel point ma dépendance affective peut colorer mes pensées, action, réaction et que cela ne me convient plus du tout. Du coup, je me suis demandée ce que pouvait être l’autre versant ce que j’appelle l’autonomie affective. J’ai échangé quelques mails avec Biétrix et l’idée m’est venue de soumettre ce sujet à votre réflexion d’une manière intellectuelle et pratique c’est-à-dire comment vous vivez cela dans votre vie. Je trouve que l’on parle beaucoup de la dépendance mais finalement qu’est-ce que cela signifie être autonome affectivement ? je n’ai pas de formation en psychologie c’est peut être pour cela, aussi, que je ne sais pas comment répondre à cette question assez complexe.
Bonne journée à vous tous, toutes et au plaisir de vous lire.
Y.J.

Bonjour

Voilà ce qui me vient à l’esprit au sujet de l’autonomie affective:

L’autonomie affective: savoir aimer l’autre, l’apprécier sans rien attendre en retour (son affection, sa présence etc…) en fait savoir s’aimer soi-même suffisamment pour éventuellement savoir vivre seul (e) sans en souffrir en ayant une vie sociale de partages et non de dépendances. La dépendance affective est un souvenir de notre enfance, l’on avait besoin de se sentir aimé (e), d’être entre autres pour la plupart des cas avec sa mère dont dépendait notre vie et notre bien-être. Devenir autonome affectivement, c’est avancer sur le processus d’individuation jungien, sortir de l’état d’enfant à l’état d’adulte, de trouver en soi cette partie de l’autre dont on a temps besoin (car l’on a tout en nous). Si l’adulte que l’on est devenu aime son enfant intérieur et accueille ses blessures alors il est en voie d’autonomie affective. Ce n’est pas pour cela que la vie de couple est à banir, bien au contraire, cela devient une relation de couple en pleine conscience, opportunité d’avancer chacun sur la connaissance de soi; le couple ici devient alors une vraie relation d’adulte à adulte dans le respect du partage d’âme à âme et non plus un couple qui fonctionne sur la tentative de compenser des blessures d’enfance d’une façon inconsciente, ce que l’on appelle une relation névrotique.
Pour résumer, l’on est tous dépendant affectif au départ, avec différentes intensités, c’est ce qui nous amène par exemple vers la passion amoureuse, l’archétype du 1+1= infini alors qu’en fait l’autre n’est qu’un miroir de ce que nous cherchons inconsciemment à recontacter, à conscientiser en nous. Toute dépendance affective est donc à considérée comme toute souffrance comme une grande opportunité d’avancer sur le chemin du développement personnel puis transpersonnel (spiritualité) pour le peu qu’on l’accueille et qu’on la laisse s’exprimer à la racine du trauma. Tout est juste. Ne pas faire la guerre à la dépendance affective, l’accueillir et recontacter avec compassion ce petit enfant intérieur qui demande compensation et surtout possibilité d’expression.
On est dépendant affectif car l’humain est élevé dans le triangle archétypal infernal: la gentille victime, le gentil sauveur et le méchant bourreau, à savoir le fragile innocent petit enfant, le parent et une tierce personne venant déranger le binome fusionnel. la victime cherche inconsciemment son bourreau et son prince charmant sauveur, en cas de déception, lorsque l’un ne colle plus au rôle donné, on inverse les rôles, le sauveur (le prince charmant) devient le bourreau (le crapaud) etc… Et dans ce jeu théâtral de la scène humaine, il y a évidemment énormément de dépendances affectives. La clef est de prendre conscience en accueillant cette comédie pour en être plus spectateur qu’acteur (on rejoint le bouddhisme: être spectateur de l’ego, ne pas s’y identifier).

Bien le bonjour à toute l’équipe de l’AB
A.-S. P.

Bonjour à vous,

Je trouvais également que la réponse d’A.-S. était un résumé parfait de la dépendance affective.(ou l’autonomie ;)
J’ajouterais que l’idéal est de trouver le juste milieu.
Certains « autonomes affectifs » le sont tellement qu’ils sont arrivés à se couper de tout sentiment. Ils en arrivent à couper les liens avec des amis, des parents au titre de leur autonomie.
Être conscient de sa dépendance affective est aussi une façon de l’apprivoiser afin de ne pas en souffrir.

C’est sans doute ce qui est dit dans le livre recommandé par Elisabeth ;)

Qu’on le veuille ou non nous sommes tous dépendants affectifs non? Et heureusement car chacun vivrait sans communiquer :)
Bises à tous
D.I.

Bonjour à vous,
Oui, effectivement la réponse d’A.-S. est un très bon résumé. En réponse à D., je me demande vraiment si les gens qui se sont coupés de tout sentiment sont vraiment en autonomies affectives, car comme le disait Anne-Sophie les relations que se soient de couples ou autres, se vivent différemment, dans un véritable partage parce que libéré ou en voie de libération du triangle archétypal infernal.
Bonne journée à vous.
Y.J.

Bonjour Y., Bonjour à tous,
Le sujet que tu abordes est bien complexe, comme tu le dis!; et je me demande toujours, qui a réellement acquis cette fameuse « indépendance », cette « autonomie affective » – Les personnes qui ont pu m’en parler, les psy et autre thérapeutes, ou personnes « équilibrée », sont en fait très insérées dans une société qui les porte, ont mari, famille, travail journalier etc ..
Qu’en serait-il s’ils se retrouvaient vraiment face à la solitude; Ne deviendraient-ils pas dépendant de la moindre petite manifestation de la part des autres, et ils auraient la panique au ventre.. Comme nous tous !  ….Enfin plus ou moins sans doute!
je crois qu’une forme d’autonomie va être reliée à notre capacité de nous ressourcer tout seul, générer du mouvement dans la solitude, se « cadrer »…. Baudelaire a écrit dans Mon cœur mis à nu, « le vrai héros s’amuse tout seul »; je l’avais lu vers l’âge de 15 ans et cette phrase m’avait marqué; à l’époque les angoisses me paralysaient ; je ne pouvais pas m’en sortir – j’étais dépendante de ces angoisses qui finalement me tenaient compagnie…..
Amitiés Biétrix

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