Citation extraite du site « psychiatrie infirmière » sur l’ethnopsychiatrie dont vous trouverez le lien ci-dessous;
… »Toute société a besoin de folie, écrit le romancier Marocain TAHAR BEN JELLOUN.
Dans les sociétés industrielles développées, le fou n’a pas sa place. Parce qu’il est en marge de la culture et de l’ordre économique, on l’enferme: on le sépare de la vie. La persistance de l’asile prouve combien la folie continue d’étendre ses pouvoirs d’inquiétude sur toute certitude ». Et de rappeler qu’en Afrique, il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait parler de cultures où la folie était l’expression d’une grande sagesse. Le fou était en quelque sorte l’élu de Dieu et de la Vérité dans les sociétés Africaines et Arabes. La distinction entre le normal et le pathologique relevait d’un univers culturel étranger à ces sociétés. Le fou était intégré dans la collectivité. Sa prise en charge était l’affaire de tout le village.
Ses « troubles » étaient considérés comme l’expression d’une réflexion approfondie pouvant se confondre avec une crise mystique.
Pour « guérir » le sujet, c’est-à-dire en fait pour rétablir un équilibre naturel autant que social menacé, le guérisseur va, à travers de nombreux rites auxquels toute la communauté prend part, rechercher l’esprit responsable du mal puis l’apaiser en respectant ses goûts. Décrivant cette forme de sociothérapie à travers les cérémonies spectaculaires du « n’doep » chez les populations LEBOU au Sénégal, deux ethnopsychiatres, Karl SCHMIDT et Jean GODIN, racontent qu’une grande fête est organisée sur la plage. Le patient en est la vedette. les danses durent plusieurs jours et un boeuf est sacrifié. Des rituels nombreux ont pour but de faire sortir l’esprit intrus du corps du malade et de le canaliser dans des endroits appropriés. La fête prend fin avec l’épuisement des participants, qui émergent peu à peu de véritables états de transe.
Commentant l’efficacité du « n’doep », Karl SCHMIDT et Jean GODIN notent que les succès thérapeutiques obtenus ainsi par les indigènes sont remarquables quand il s’agit d’états « psychogènes ». Ils sont d’autant plus efficaces que le malade est plus fortement attaché à sa foi ancestrale. Ils observent également qu’il n’est pas étonnant que ces cérémonies rituelles, par les émotions qu’elles véhiculent, par la tolérance qu’elles manifestent, par la chaleur humaine qu’elles dégagent et par les régressions psychiques et les réorganisations de la personnalité qu’elles supposent, aient pour conséquence la réinsertion du sujet dans son groupe, sa tribu, sa société et, plus généralement, dans son « monde ». »
…Suite sur le site :
http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/ethnopsychiatrie/culture.htm
La maturité a cette connotation spirituelle à mes yeux, qu’elle n’est le lot que de ceux qui savent agir ou être là, présents pour d’autres, sans qu’aucune attente de gratification égotique n’en vienne parasiter le bienfait attendu.
Elle est le fruit d’un cheminement spirituel consistant à défaire l’illusion qui nous laisse croire à la justification de telles « récupérations égotiques », sous prétexte qu’elles sévissent plus ou moins seulement, en chacun.
Mais là est en réalité, c’est ce que je crois, la source de tous les maux : pour ceux qui font l’objet de nos soit-disantes bonnes intentions d’abord, qui s’en trouvent ainsi limitées de fait (et eux, bien moins aidés qu’ils ne pourraient le croire ou l’espérer) ; et pour nous-mêmes aussi, puisque de telles attentes ne sont jamais autrement comblées ou satisfaits, qu’en en réalisant la vanité à sa base…
Autres réflexions sur les liens qu’entretiennent la « folie » et la spiritualité, sur mon blog : aladinsane.fr