Archive pour février 2010

Capturer ses voix …

Dimanche 28 février 2010

….Voici quelques nouvelles, je voulais répondre à ta question, j’ai demandé à mon fils comment il s’y prenait pour capturer ses voix.
Il n’aime pas trop en parler, donc, il m’a répondu assez rapidement et je n’ai pas pu lui demander plus de précision.
Tout d’abord, il m’a dit qu’il voyait et était en contact avec une femme qui était « médium », sur V.. C’est elle qui lui aurait dit d’écrire ce qu’il percevait de ces voix (pas ce qu’elles lui disaient) et de les enfermer dans des textes.
Il m’a dit qu’il pouvait très bien écrire qu’il avait le droit d’être tranquille, qu’elles lui foutent la paix……. Je n’en sais pas plus, à part que ça marche.
Mon fils me dit qu’il essaye d’être plus concret, plus présent dans ce qu’il fait.
Il a pris la décision il y a une semaine, environ, de se détacher de moi. Pour résumer, pendant le mois de Janvier, il m’avait beaucoup appelé pour me raconter sa vie quotidienne avec son père et son frère. C’est un ancien lien que l’on avait, qui n’était plus vraiment d’actualité et qui s’est manifesté à nouveau. J’ai pris du temps pour l’écouter. Je trouvais cela un peu bizarre par rapport à l’exercice que l’on avait fait. Je me demandais si c’était bien de répondre à cette demande.
Puis, à la suite d’un rêve, ou il apprenait que j’étais morte, il a réalisé que j’étais la seule personne à qui il se confiait.
Après ça, il a décidé de prendre de la distance.
Est-ce le résultat de l’exercice sur la co-dépendance que l’on a fait ?
Sur le moment, j’ai ressentis cela un peu comme un deuil, un sentiment de solitude est apparu, et puis c’est passé rapidement. Je trouve que c’est bien ainsi, ce que je ressens maintenant c’est un allègement.
Les enfants sont en vacances avec moi, pendant une semaine. Je souhaite relater un fait qui s’est passé aujourd’hui en fin d’après midi. Je n’étais pas très bien émotionnellement, et j’ai été très surprise de la réaction de B.. Il a été tellement calme, que cela a agit sur mon moral. Comme j’ai de suite réalisé ce qui se passait, j’ai décidé de me suis laissé bercer par cette douceur qui était dans lui. Tout a été très agréable. Il a joué, sans s’en rendre compte le rôle d’accompagnant, je l’ai vraiment ressenti ainsi.
Concernant la réflexion que S. à faite sur l’alcool et relation passionnelle, personnellement cela me fait un peu cet effet mais envers des gens qui fument de la marijuana. Elisabeth si tu pouvais nous dire quelque chose là-dessus, j’aimerais bien comprendre ce processus.
A bientôt.
Y.

Un monde sonore

Mercredi 17 février 2010


Tout à l’heure, j’ai  ouvert une porte. Bien que l’ayant refermée
doucement derrière moi, j’ai bien senti que je réveillais de bien
curieux habitants.
Tremblant de peurs et d’incertitudes, j’ai emprunté un chemin doux
mais dangereux, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement.
Il était beau ce monde! bien qu’un peu effrayant !
Un souffle chaud faisait bruisser les feuilles des arbres,
s’infiltrait entre les racines découvertes, produisant des sifflements
parfois harmonieux, parfois désagréables.
Je m’étais habitué à sa présence quand, au loin, à peine perceptibles
au début, j’entendis des tic-tacs, des bling-blangs, des pouet-pouet-
tralala.
Je sais ! J’aurais pu, j’aurais dû, peut être, stopper ma marche,
reculer, m’échapper, retourner là bas, si loin déjà, dans mon havre de
sécurité.
Mais je ne le fis pas… un bruit, si l’on ne sait pas d’où il vient,
peut être inquiétant, mais là, je voyais … et c’était drôle.
Des clowns, des gnomes, des moutons à cinq pattes, des lapins-
girafes ! C’étaient donc eux qui peuplaient cet endroit ?
Ils m’entourèrent, me touchèrent, me palpèrent même. Je me laissais
faire. Après tout , ces êtres étonnants ne devaient pas pouvoir me
faire de mal. Ils étaient bien assez occupés avec leur propre folie.
Ils me confièrent bien des secrets sur moi-même, à grand renfort de
musiques et de sons les plus divers que l’on puisse imaginer. Vous
nous auriez vus! Eux très occupés à m’expliquer et moi très soucieux
de les comprendre.
Lorsque je dus les quitter, ou qu’ils me laissèrent, peu importe, je
me rendis compte à quel point ils allaient me manquer si je m’avisais
de les oublier.
Tout sourire, toute joie dans le cœur, et parfaitement rassuré, je
repris la route. Enfin ! J’essayais ! Face à moi la route se scindait
en deux ; une croisée de chemins, il ne manquait plus que ça !
A ma gauche, dans un ton des plus sirupeux, un océan de chants purs
recouvrait les pavés. Tout cela me rendait des plus méfiants.
A ma droite, un gouffre de chants durs bordait un sentier escarpé qui
avait cependant l’avantage de circuler à l’air libre. On y voyait à
cent lieues.
Me retournant, prêt à rebrousser chemin, espérant ainsi m’éviter les
troubles d’un choix difficile, j’eus la désagréable surprise de me
trouver face à un mur immense, impalpable, incommensurable,
inattaquable ! Et bruyant, qui plus est. Il ronflait, pétait,
exprimant, sans la moindre gêne, sa béatitude d’être là, imposant et
indestructible.
Pas d’espoir de ce côté-là, il me fallait donc emprunter l’un ou
l’autre chemin, avec la certitude absolue que le mur suivrait chacun
de mes pas. Je m’assis !
Les fées, ça existe, vous croyez ? Je l’ai priée longtemps,
l’invitant, la tentant, la suppliant. Rien ! Pas un signe ! Pourtant
je l’entendais sourire.
Alors j’ai crié … haut et fort ! … ma haine, mes espoirs, mes craintes
et même mes certitudes. Puis soupirant et haletant, j’ai fermé les
yeux. En  fredonnant une ritournelle j’ai commencé à tourner sur moi-
même plusieurs fois, jusqu’à en perdre le nord. Et une fois que je fus
sûr de ne pas le retrouver je me mis en marche, posant un pas devant
l’autre, n’ouvrant les yeux que lorsque la peur d’en faire un mauvais
ne fut plus supportable.
J’aurais pu me réveiller là, la leçon aurait été suffisante. Les
cauchemars sont si agréables lorsqu’on a les moyens de les oublier.
Non ! Je ne rêvais pas. Devant mes yeux ébahis se tenait une porte …
ma porte ! Celle là même  que je venais de pousser, quelques instants
ou quelques heures auparavant.
Dans un grand éclat de rire et les yeux plein de bonheur, celle-ci me
dit : « Entre donc mon ami, deuxième niveau ! »

ArrO (extrait: mémoire de musicothérapie, 2008)

J’avais envie de partager ce moment avec vous, de quelque coté que
vous soyez de la porte.
Il est des moments où l’on ne sait pas, où l’on ne sait plus.
M’appuyer sur des mots peut parfois m’aider a remettre les pieds sur
terre ou bien, au contraire, à les projeter vers les cieux.

ArrO

Lithium en oligosol …

Mardi 16 février 2010

Salut L., et courage, ce n’est que partie remise,

les rechutes c’est peut-être aussi pour nous ramener à nous, tant qu’on a pas compris l’équilibre…on l’apprend dans le déséquilibre…
En tout cas tes aspirations sont justes et intérréssantes, as-tu pensé au lithium ?
j’en prends en oligosol, ce qui est assez doux, et mon homéopathe m’a prescrit un traitement de fond, je te le dis juste au cas où ; lobelia inflata en Teinture Mère, troubles mineurs du sommeil L72 Lehning, et une dilution chez Weleda numero 146. JM Mantel m’a conseillé du Quinton pour le renouvelement des cellules, c’est de l’eau salée, et le green Magma. ….
S.

Baisse du traitement et … boddhicitta

Mardi 16 février 2010

Bonsoir à tous,
il est un peu difficile pour moi de faire le point car beaucoup de choses se sont passées depuis Chabreloche ou les derniers échanges mails.

Quant à ma santé mentale c’est en demi-teinte : j’ai baissé le traitement et ai été obligé de le remonter ne disposant plus du traitement de mon médecin”tibétain” malheureusement décédé en juillet. Je vais essayer de compenser par un traitement en médecine anthroposophique. J’ai aussi reçu un massage qui m’a fait le plus grand bien au corps et à l’esprit.
Je poursuis la “retraite chez soi” et il y a des progrès, en particulier la régularité dans la pratique. Mais aussi à chaque fois que je fais un pas en avant des obstacles se présentent immédiatement et cela est très décourageant et éprouvant. Oui, là c’est de la survie pour moi. Enfin, je note tous mes progrès, mes solutions et en janvier (saison d’hiver plus clémente au niveau “énergétique”) après une retraite en Allemagne je tenterai une nouvelle baisse.
La dernière baisse m’a au moins permis de régresser et (re)mettre le doigt sur le moment où ça a déraillé .Mais je ne sais pas trop quoi en faire , peut-être en discuter avec la psychologue sur laquelle devrait m’orienter ma psychiatre, ou tenter l’EMDR ? Ce traitement me bousille le foie (mon médecin “tibétain” disait que ça me mettait en état de choc) et me rend très irritable, ce qui ruine mes efforts sur le plan spirituel (colère et boddhicitta ne vont pas très bien ensemble, pour les Bouddhistes) et me porte atteinte physiquement (au niveau du coeur). Bon je deviens un peu défaististe mais bon tout cela peut-être vu comme un progrès (je sais mieux quelles sont les difficultés).
…..
Je vous salue tous amicalement en attendant de vous lire.
L.

Les processus de rétablissements …une identité potentielle à vivre.

Lundi 8 février 2010

L’importance de « démonter et reconnaitre les processus psychiques qui se jouent dans la psychose,…les effrayants micro-mécanismes, et d’étudier les processus de guérison ».

La peur parfois de ne pas aller au fond des choses, peur paralysante qui nous laisserait écrasé par la matière, une vaisselle à faire, du bois à couper, des détails à approfondir et mettre en place. Et puis, c’est l’accélération, la fuite en avant, la liste dressée de tout ce «  à faire, à être, à dire, à devenir » dans le mental, dans les possibles, les constructions futures,…d’un détail inaccompli vient la vague.


La guérison consiste en une réalisation permanente à accomplir durant laquelle on doit sans cesse faire face à des vérités essentielles sur sa personnalité.

Le désir de perfection, de ne rater rien, ou de ne rien faire paraitre d’imparfait, d’inabouti. Surtout contrôler, et être celui qui, plutôt que celui qui est fait, qui est menée par les choses.
La volonté de prétendre, de maîtriser les choses, la situation, la vie, la pensée, l’expérience. D’être l’exception à la règle qui sous 50m de fond respire sans aide.

C’est l’engagement d’une vie au profit de la santé mentale. Il faut apprendre comment ça marche et appliquer notre esprit critique.

A chaque instant il peut-être vu à quel niveau de saisie nous nous trouvons, à quel point nous sommes d’enclencher une accélération. Il n’y a pas de vérité absolue, mais des instants de vie, de changement, de choses à accomplir, qui s’expriment en boucle, comme un cycle qui ne cesse de se répéter jour après jour à chaque instant.
Dans le refus de cette réalité, réalité factuelle, visuelle,  que l’on a tendance à s’accrocher, à se saisir de ce qui pourrait nous rendre éternel, sans fin. Et dans le mental, dans la matière du mental, il y de quoi saisir.
L’expérience de transe n’est pas réservée aux chamanes, à chaque instant de la vie, nous en expérimentons des fragments sans même s’en apercevoir. Comme si tout pouvait être prétexte à la transe, une vibration extérieure, un son, une image, une pensée, nous ferait basculer dans le chaos. La pensée, dans son éclat, et sa puissance quantitative, peut nous prendre au piège, nous tromper et nous faire croire qu’il y a quelque chose à trouver là dedans : une équation à sortir, un résultat à accomplir, où, bien d’autres choses.

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