Archive pour septembre 2008

Retrouver la Santé Mentale

Mercredi 10 septembre 2008

Article paru dans le numéro 22 du bulletin de liaison de l’association Espoir 54.

A l’occasion de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale le film suisse « Someone beside you » d’Edgar HAGEN, a été présenté au Forum de l’IRTS devant un public curieux, intrigué, décontenancé à certains moments, tant ce film autour de la pensée et de l’œuvre du psychiatre et moine bouddhiste intrigue et sort des sentiers battus.

Il fallait aller plus loin et se plonger dans le livre écrit par le Docteur Edward PODVOLL lui-même sous le titre original de « Retrouver la santé mentale » dans sa deuxième édition de 2003, mais dont le titre en français est devenu « Psychose et guérison : le chemin de la compassion ».

Ce livre imposant de près de 400 pages est donc paru en français aux Editions de la Tempérance, fin 2007. La Tempérance est un Institut de formation créé par Bernard et Elisabeth FRIT dans le Puy-de-Dôme. Lorsque ces derniers ont appris que le film allait être passé à Nancy, ils ont très gentiment adressé quelques exemplaires du livre aux organisateurs et animateurs de la soirée.

Le travail de toute une vie

Le Docteur PODVOLL, décédé en 2003, était psychiatre et psychanalyste, élève d’Harold SEARLES et de Frieda FROMM REICHMANN, diplômé de l’Institut Psychanalytique de Washington. Clinicien et enseignant très impliqué dans le traitement des psychoses il se tourna, parallèlement à ses recherches cliniques, vers la méditation bouddhiste afin d’approfondir sa compréhension des mécanismes de l’esprit humain.

Cet ouvrage parachève le travail de toute une vie au service de la guérison de la psychose.

La préface indique : « Tous les chapitres de ce livre démontrent que, conjointement et au sein même de la souffrance psychotique, existent toujours, en potentiel, la clarté et l’ouverture de l’esprit et du cœur », et l’épilogue ajoute : « l’intention de ce livre est d’inspirer à notre société plus de compassion dans notre manière de traiter les malades mentaux. A un degré ou un autre, ceci s’applique à chacun d’entre nous, car la folie est le souci de tout le monde : si vous avez un esprit, celui-ci peut devenir fou ; tant qu’il y a de l’égocentrisme, perdure la possibilité que la psychose s’en empare ».

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Critique dans le Bulletin des Médecins Suisses

Mardi 9 septembre 2008

Une critique assez approfondie de Psychose et Guérison par Philippe Huguelet dans le Bulletin des Médecins Suisses” de Juillet 2008.

Voici la première page de l’article :

Article 1ere page

Le soin aux patients souffrant de troubles psychotiques
reste complexe. Les traitements pharmacologiques
sont la plupart du temps indispensables,
quoique largement insuffisants. Par
conséquent, l’approche psychosociale qui l’accompagne
représente un défi pour le clinicien.
Dans ce sens, des travaux récents mettent en
exergue le principe du rétablissement, qui implique
de prendre le patient comme acteur de
son projet de vie et ce même si d’éventuels symptômes
persistent [2]. Malgré cela, de nombreux
systèmes de soins s’obstinent à perpétrer une
psychiatrie paternaliste, voire asilaire dans laquelle
le patient n’a qu’un rôle passif.

Le rétablissement
C’est dans ce contexte que s’inscrit le livre
d’Edward M. Podvoll. Ce médecin fut formé au
traitement des psychoses par Harold Searles à
Chesnut Lodge, aux Etats-Unis [3]. Fort de cet
enseignement psychanalytique, il se tourna ensuite
vers la méditation bouddhiste puis créa en
1981 le projet Windhorse dans le but de soigner
des patients souffrant de psychose, en impliquant
notamment des préceptes bouddhistes. Le présent
ouvrage décrit cette démarche. Il consiste en
la traduction d’un livre paru en 1990, complété
dans cette édition par deux annexes.

Phénoménologie
Une première partie expose les situations de personnages
historiques ayant décrit leurs propres
épisodes psychotiques, spontanés ou consécutifs
à la prise de substances. L’auteur nous amène
à une compréhension phénoménologique intime
de ces expériences. De manière très convaincante,
il décrit le début de la psychose, caractérisée par
la perte de contrôle. «On ne peut ni s’arrêter, ni
commencer; une sorte de vaste système d’inertie
a disparu […]. C‘est une zone de choc, l’expérience
universelle, […] l’état second» (p. 157). De
cet «état second» naissent ce que l’auteur appelle
les micro-opérations, p. ex. l’accélération des
idées, leur répétition, multiplication, prolifération
… Dans cet état subsistent des «îlots de
clarté», desquels la reprise de contact avec le
monde va être envisagée dans le traitement. «Il
n’est pas sot de dire que c’est l’hallucination qui
rend fou et non pas la folie qui donne l’hallucination
…» (p. 152). Très justement, l’auteur
observe que ce tableau clinique impose deux
réponses possibles: celle de se déchaîner ou celle
de devenir apathique.
C’est à cette phénoménologie que le thérapeute
va être confronté dans son contact aux patients.
«Le retour à la santé ne peut se produire
qu’au sein d’un environnement sain, dans une
atmosphère de compassion et de respect, qui
peut favoriser le déroulement des étapes de la
transformation» (p. 139). Podvoll mentionne
une situation illustrative au XIXe siècle: «[…]
pour atténuer cette influence médicale, [le patient]
milita de plus en plus pour que les prêtres
participent aux soins des aliénés» (p. 83).

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