“Une personne mature …”

26 juillet 2010

Bernard, s’appuyant sur une expérience de Clare Graves, créateur de la Spirale Dynamique, qui consistait à demander dans les années 5O, à tous ses étudiants en psychologie  (Université de New-York) de réfléchir à la question “qu’est-ce qu’une personne mature ?”,  a  proposé à tout notre groupe de réfléchir à cette question  ..puis de garder notre réponse pendant 24h avant de l’envoyer, afin de ne pas s’influencer -

Je vous propose de découvrir les réponses … et de participer si vous ne l’avez pas encore fait …

Bonjour,

Fidèle à ma “nature” peut-être peu mature aux yeux de certains, je réponds donc très spontanément sans trop me creuser la tête ;)

Le mot mature n’est pas pareil que “mûr” tout en se partageant la même racine.

Il me semble que mature induit aussi une connotation de quelque chose de “non fini”…on peu être mature mais continuer à murir et pourrir comme le raisin ;)

Être mature c’est peut-être avoir une certaine connaissance de choses que l’on maîtrise et pouvoir les partager afin d’instruire les autres.
Être mature c’est sans doute aussi ne pas vouloir revenir en arrière et au contraire, continuer à marcher devant soi en se disant que “tout peut encore arriver”.
Être mature c’est pour ma part, parvenir à réfléchir à certaines situations en prenant le temps d’observer, d’analyser une situation afin de prendre les bonnes décisions s’il y en a à prendre.
Être mature, c’est aussi penser que nous ne le sommes pas toujours, qu’il peut nous arriver de trébucher et que tout peut encore arriver.
Dominique Itier.

Bonjour à tous,

 

Je suis rentrée hier et voilà ma courte réponse, je n’ai pas encore lu vos réponses pour ne pas être influencé. Je dirais qu’elle peut présenter les caractéristiques suivantes :

Être responsable d’elle-même (connaissance de ce dont elle a besoin et pouvoir se l’apporter), être consciente de ce qu’elle génère autour d’elle et être capable de l’améliorer si besoin.  Être dans la créativité du moment présent, tenir ses engagements dans la mesure où ils sont porteurs sinon savoir les laisser. Savoir se remettre en question.

Être attentive à autrui. Apporter du bien être autour d’elle et tant d’autres choses encore. Je vais lire vos réponses maintenant.

 Bonne journée à vous tous.
Yasmine Jarski.

 

Bonsoir,
ma réponse sans influence du groupe serait de considéréer simplement que la maturité c’est la faculté d’accepter les choses telles qu’elles sont. J’aurais envie en prenant appui cette fois sur les alcooliques anonymes de dire : avoir la force de changer les choses qui peuvent et doivent être changées, d’accepter celles qui ne le peuvent pas, et d’avoir la sagesse de faire la différence (si je me souviens bien de cette formule).
Voilà, je vous lirais tous bientôt, pour l’instant c’est retraite.
Amicalement,
Ludovic

bonsoir à tous,
-capacité à vivre toute expèrience avec un regard désidentifié, donc avec un pas de recul…c’est un peu le principe de la méditation
-le dernier qui a parlé n’a pas forcément raison, en positif ; une certaine ligne de pensée, et de conduite qui permet au navire de suivre sa route en passant tous les éceuils petits et grands, là je pense à une certaine éthique, ou sagesse.
-toute manifestation de ce monde n’est pas une porte ouverte à l’expèrience directe, et là je pense aux conseils de Régine sur ce sujet, en positif ; les manifestations extérieures, sont un moyen d’approfondissement de nos émotions, mécanismes internes, et demandent à être regardés…avant ou au lieu (au choix) d’être saisis, dans la réaction, et l’action dans la matière.
-la vérité absolue est un mythe, le Dalaî-Lama dit qu’il y a autant de religion que d’êtres humains, donc toute vérité peut s’entendre.
c’est à peu prés tout ce qui me vient, il y a peut-être des thèmes qui se recoupent…
à bientôt,
Stéphanie Ollivier

Bon alors, je me lance :
Pour moi, une personne mature, c’est une personne responsable, qui “balaie derrière soi” (*) au quotidien, et qui a appris, avec l’expérience, à relativiser les choses, en toute circonstance.
(*) petit clin d’oeil à ta tirade à Tourettes sur Loup, en décembre 2009, Bernard, que tu trouvais trop longue à posteriori, mais que j’ai, personnellement, trouvée très juste.
Voilà !
Bonne soirée à chacun, chacune,
Cl.

Bonjour à toutes et tous,
Décidément l’équipe a l’art de nous faire réfléchir sur des sujets bien particuliers
Je vous lis avec beaucoup d’intérêt et d’émotion. Je suis à chaque fois très étonnée par la qualité des interventions et par la manière dont chacun de vous se livre à travers ces lignes du net au point que j’en reste “sans mot”.
A moi de me livrer :
Une personne mature, c’est une personne qui a su identifier les étapes de son parcours, les analyser et en tirer profit.
Elle a développé un discernement qui permet d’être en distance suffisante face aux différents évènements qui se présentent à elle. Cette distance évite la réactivité et ouvre la possibilité de la mise en place d’une action intelligente posée et réfléchie qui va évidemment agir sur les événements de telle manière que ceux ne soient pas subis. C’est aussi une présence, une écoute, une tolérance, une compassion en accompagnement des personnes qui la cotoient.
N.

… Bonjour à tous,
voici la mienne :
Le qualificatif mature fait penser à maturation - maturité - et leur opposé : l’immaturité
- après l’enfance
- idée de développement : arriver à maturité
- qui est capable de réflexion tout en prenant ses distances -
- être en capacité de garder les choses en soi- pour qu’elles puissent entrer en maturation à l’intérieur de soi -
A bientôt,  Biétrix

Bonjour,

Voici ma copie :

Pour moi une personne mature a les qualités suivantes :
Faculté d’adaptation, faculté de communication.
Prise en compte des différents aspects de la personne : corps, parole, esprit (instinct, mental, spiritualité)
Capacité à construire des projets, à élaborer et atteindre des objectifs
Ethique basée sur la souffrance face aux différentes contraintes (corps, parole, esprit) avec la nécessité d’intégration des aspects individuels et collectifs
Capacité à adopter différents points de vue face à une situation : position soi, position de l’autre, position de l’observateur et à évaluer les conséquences.
Reconnaît la nécessité d’une pratique de silence intérieur (et/ou de méditation) comme outil d’évolution.
Bises à tous et à toutes,

Bernard

Allégeance à la santé mentale

17 juillet 2010

Bonjour L. et tous,

Comme tu le dis, L., je pense que le dialogue est toujours
important pour favoriser l’allégeance de la santé mentale.
Peut-être que chacun(e)s pourrait expliquer ce qu’il (elle) entend par
“santé mentale” (comme par maturité”), ce qui permettrait d’avoir
peut-être un discours plus clair sur le sujet. Qu’en pensez-vous ?

Comment la définis-tu toi, L. ?
Que dirais-tu (diriez-vous) aussi de la souffrance éprouvée par la personne psychotique ?

Pour être “assistant de base”, je crois que la motivation, l’intérêt,
l’envie de progresser de partager une expérience collective en
définissant des règles éthiques que chacun respecte est une base.
Là encore, je crois qu’il sera important de mettre cela par écrit comme
une sorte de charte. Notre “expérimentation locale” devrait nous y aider.

Ce que tu dis aussi sur le shit; tes propres réactions sur “l’espoir” de
vivre un bon trip “cette fois” et l’envie d’appartenir à une communauté
est intéressant.
Quels seraient aujourd’hui ton “discours” si tu devais parler à un ami
“psychotique” ?

Bises à tous.
Elisabeth

Les critères essentiels pour être “accompagnant” dans l’Assistance de Base

16 juillet 2010

Bonjour à tous,

Concernant la “demande” de la personne à accompagner, je partage globalement l’avis de Stéphanie pour dire que même si on peut penser que l’adhésion de la personne est essentielle, il doit y avoir pour beaucoup une phase où la demande n’est pas possible… à ce moment-là, c’est plutôt le “feeling” (dont parle PODVOLL) des accompagnants qui est déterminant et ce feeling doit être collectif.
ce qui m’amène à la deuxième question sur être accompagnant.
Quelques critères qui me semblent essentiels :
- se sentir concerner par “l’ouverture de la conscience”
- la capacité de remise en question de chacun par rapport à ses limites perso (travailler sur ses “démons” comme dans le livre “Nourrir ses démons” de T. Alione) -nous en dirons plus après le séminaire fin juillet).
- la possibilité de “mettre dans le cadre” et de déposer au cours des réunions les émotions limitantes telles que peurs, doutes…
- le dialogue entre les accompagnants pour “harmoniser” le groupe (environnement sain…)
- la confiance mutuelle, en la vie, la guérison…
- le respect de soi et des autres (patients et accompagnants)
- l’acceptation par chacun des règles du groupe et du “cadre” .
- enfin, en négatif : ne pas tomber dans le rôle du “sauveur” tout puissant, l’ambiguité de la relation (transfert, etc) que cela puise être dit et clarifié au sein du groupe.
- donc une forme de sincérité, de lâcher-prise, d’humilité et de transparence.

Je vous laisse compléter!
Je vous embrasse tous très fort.

Elisabeth

Bonsoir à tous,
pour répondre aux questions d’Elisabeth…
- Il me semble qu’une personne en souffrance est prête pour l’assistance de base lorsqu’elle en ressent le besoin, elle peut aussi se trouver là par nécessité familiale, et ce ressenti peut arriver bien plus tard en elle, alors que l’AB est déjà en action.
- Je pense aussi qu’en déverrouillant son hermétisme à “l’autre” (l’étranger étrange) en général, et bien sûr avec l’aide du temps, en lui montrant qu’elle est une personne comme les autres, voire même qui peut intérresser les autres dans un échange de guérison collectif, c’est aussi remettre le monde sur un pied d’égalité, personne n’est vraiment fou, et en même temps, personne n’est vraiment normal. Donc il y a tout à faire et à découvrir ensemble sur ce qui nous habite, et nous traverse tous de la même façon, avec des variations d’intensités différentes certainement, ou une gestion de la vie émotionnelle différente. Je crois aussi que l’idée d’apprentissage peut-être un moteur, la vie ne s’arrête pas à l’échec, c’est un tremplin, et cet apprentissage est en mouvement perpétuel, (le savoir figé n’a pas de vie) c’est un ressenti, des échanges, un ensemble de personnes du groupe qui sont elles aussi en recherche d’une meilleure compréhension des choses qui nous échappent à certains moments, que l’on ne nous a pas appris. En gros, tous les savoirs nous intérressent, tous les êtres humains, tous les fonctionnements. Je crois que la grosse difficulté c’est la carapace construite par l’ego à force de souffrance et d’hermétisme face à la construction du “le camp adverse”, je pense à celui d’un savoir, d’une méthode, d’un jugement, d’un mauvais accueuil, et que c’est ça qui renforce à la fois, l’identification et la préservation de la pathologie comme unique réalité, car sans ça “que suis-je ?”, si l’attachement se déplace sur autre chose que la souffrance, la pathologie officielle, alors c’est une petite ouverture vers l’ailleurs qui peut inclure l’autre, puis le groupe, AB.
- les critères d’une personne prête pour l’AB : Peut-être qu’elle ait lâché prise d’avec son pathos, pour s’ouvrir à autre chose, donc je suppose, un peu d’écoute, d’ouverture, de la confusion, du doute aussi (qui est une forme de disponibilité à autre chose)…je ne sais pas bien…
- Les critères extérieurs de l’assistant AB : Je suppose qu’il faut une bonne dose d’envie, un goût pour l’inconnu et la découverte de soi et de l’autre, une capacité à oublier les savoirs de la veille, et un lâcher prise à toute épreuve au quotidien, il me semble que c’est à la fois une aventure qui parfois peut manquer de repères, et en même temps, une force intérieure de justesse, pour savoir se laisser revenir dans le concret, le pratique, le centre, la simple réalité.
Aussi voir toutes ces illusions dans lesquelles on peut vite tomber lorsqu’on est dans la relation d’aide, même celles qu’on ne voit pas venir, en tant qu’assistant de base, je suppose qu’on est comme des béquilles, et que finalement, c’est la personne qui s’aide elle même, à son rythme, avec ce qu’elle est et qui arrive à fonctionner selon son propre mode d’emploi interne loin d’une image toute faîte du fonctionnement du “prototype de l’homme normal”…donc encore du doute ici aussi. Il me semble que c’est cette présence à l’autre, même dans le rien (rien dire, faire, penser…) qui est le véritable remède, quelqu’un est là, et m’accompagne, me reconnaît même dans les états où moi-même je ne sais plus qui je suis.
Stéphanie Ollivier

Echanges autour de la question de l’autonomie affective ….

11 juillet 2010

Bonjour à vous tous, toutes,
J’observe en ce moment à quel point ma dépendance affective peut colorer mes pensées, action, réaction et que cela ne me convient plus du tout. Du coup, je me suis demandée ce que pouvait être l’autre versant ce que j’appelle l’autonomie affective. J’ai échangé quelques mails avec Biétrix et l’idée m’est venue de soumettre ce sujet à votre réflexion d’une manière intellectuelle et pratique c’est-à-dire comment vous vivez cela dans votre vie. Je trouve que l’on parle beaucoup de la dépendance mais finalement qu’est-ce que cela signifie être autonome affectivement ? je n’ai pas de formation en psychologie c’est peut être pour cela, aussi, que je ne sais pas comment répondre à cette question assez complexe.
Bonne journée à vous tous, toutes et au plaisir de vous lire.
Y.J.

Bonjour

Voilà ce qui me vient à l’esprit au sujet de l’autonomie affective:

L’autonomie affective: savoir aimer l’autre, l’apprécier sans rien attendre en retour (son affection, sa présence etc…) en fait savoir s’aimer soi-même suffisamment pour éventuellement savoir vivre seul (e) sans en souffrir en ayant une vie sociale de partages et non de dépendances. La dépendance affective est un souvenir de notre enfance, l’on avait besoin de se sentir aimé (e), d’être entre autres pour la plupart des cas avec sa mère dont dépendait notre vie et notre bien-être. Devenir autonome affectivement, c’est avancer sur le processus d’individuation jungien, sortir de l’état d’enfant à l’état d’adulte, de trouver en soi cette partie de l’autre dont on a temps besoin (car l’on a tout en nous). Si l’adulte que l’on est devenu aime son enfant intérieur et accueille ses blessures alors il est en voie d’autonomie affective. Ce n’est pas pour cela que la vie de couple est à banir, bien au contraire, cela devient une relation de couple en pleine conscience, opportunité d’avancer chacun sur la connaissance de soi; le couple ici devient alors une vraie relation d’adulte à adulte dans le respect du partage d’âme à âme et non plus un couple qui fonctionne sur la tentative de compenser des blessures d’enfance d’une façon inconsciente, ce que l’on appelle une relation névrotique.
Pour résumer, l’on est tous dépendant affectif au départ, avec différentes intensités, c’est ce qui nous amène par exemple vers la passion amoureuse, l’archétype du 1+1= infini alors qu’en fait l’autre n’est qu’un miroir de ce que nous cherchons inconsciemment à recontacter, à conscientiser en nous. Toute dépendance affective est donc à considérée comme toute souffrance comme une grande opportunité d’avancer sur le chemin du développement personnel puis transpersonnel (spiritualité) pour le peu qu’on l’accueille et qu’on la laisse s’exprimer à la racine du trauma. Tout est juste. Ne pas faire la guerre à la dépendance affective, l’accueillir et recontacter avec compassion ce petit enfant intérieur qui demande compensation et surtout possibilité d’expression.
On est dépendant affectif car l’humain est élevé dans le triangle archétypal infernal: la gentille victime, le gentil sauveur et le méchant bourreau, à savoir le fragile innocent petit enfant, le parent et une tierce personne venant déranger le binome fusionnel. la victime cherche inconsciemment son bourreau et son prince charmant sauveur, en cas de déception, lorsque l’un ne colle plus au rôle donné, on inverse les rôles, le sauveur (le prince charmant) devient le bourreau (le crapaud) etc… Et dans ce jeu théâtral de la scène humaine, il y a évidemment énormément de dépendances affectives. La clef est de prendre conscience en accueillant cette comédie pour en être plus spectateur qu’acteur (on rejoint le bouddhisme: être spectateur de l’ego, ne pas s’y identifier).

Bien le bonjour à toute l’équipe de l’AB
A.-S. P.

Bonjour à vous,

Je trouvais également que la réponse d’A.-S. était un résumé parfait de la dépendance affective.(ou l’autonomie ;)
J’ajouterais que l’idéal est de trouver le juste milieu.
Certains “autonomes affectifs” le sont tellement qu’ils sont arrivés à se couper de tout sentiment. Ils en arrivent à couper les liens avec des amis, des parents au titre de leur autonomie.
Être conscient de sa dépendance affective est aussi une façon de l’apprivoiser afin de ne pas en souffrir.

C’est sans doute ce qui est dit dans le livre recommandé par Elisabeth ;)

Qu’on le veuille ou non nous sommes tous dépendants affectifs non? Et heureusement car chacun vivrait sans communiquer :)
Bises à tous
D.I.

Bonjour à vous,
Oui, effectivement la réponse d’A.-S. est un très bon résumé. En réponse à D., je me demande vraiment si les gens qui se sont coupés de tout sentiment sont vraiment en autonomies affectives, car comme le disait Anne-Sophie les relations que se soient de couples ou autres, se vivent différemment, dans un véritable partage parce que libéré ou en voie de libération du triangle archétypal infernal.
Bonne journée à vous.
Y.J.

Bonjour Y., Bonjour à tous,
Le sujet que tu abordes est bien complexe, comme tu le dis!; et je me demande toujours, qui a réellement acquis cette fameuse “indépendance”, cette “autonomie affective” - Les personnes qui ont pu m’en parler, les psy et autre thérapeutes, ou personnes “équilibrée”, sont en fait très insérées dans une société qui les porte, ont mari, famille, travail journalier etc ..
Qu’en serait-il s’ils se retrouvaient vraiment face à la solitude; Ne deviendraient-ils pas dépendant de la moindre petite manifestation de la part des autres, et ils auraient la panique au ventre.. Comme nous tous !  ….Enfin plus ou moins sans doute!
je crois qu’une forme d’autonomie va être reliée à notre capacité de nous ressourcer tout seul, générer du mouvement dans la solitude, se “cadrer”…. Baudelaire a écrit dans Mon cœur mis à nu, “le vrai héros s’amuse tout seul”; je l’avais lu vers l’âge de 15 ans et cette phrase m’avait marqué; à l’époque les angoisses me paralysaient ; je ne pouvais pas m’en sortir - j’étais dépendante de ces angoisses qui finalement me tenaient compagnie…..
Amitiés Biétrix

Compte rendu 2e module formation d’assistance de base

30 juin 2010

Bonjour à tous,

Nous avons fait le module 2  de la formation à l’assistance de base la semaine dernière et cela nous a confortés dans l’idée qu’il y a beaucoup à faire “sur le terrain” pour aider les personnes en souffrance “psychotiques” et les personnes de l’entourage, mais que ça en vaut vraiment la peine. Les échanges du groupe ont été très forts et stimulants pour chacun(e) y compris pour nous les formateurs.
La mise en mots du vécu dans “le cadre” a été appréciée et utile : le cadre est posé par terre pour les temps de planning, de feed-back pour “déposer les émotions” vécues  pour ne pas les garder, pour la pratique d’attention au souffle et celle de TONGLEN (transmuter sa propre souffrance et celle d’autrui)..
Il nous a semblé que les temps de “session” entre les participants étaient très riches. Le cercle “espoir/crainte” est un outil fantastique (merci Dr PODVOLL) et il semblerait que l’on puisse entrevoir un schéma heuristique qui incluerait aussi “les ilôts de clarté”, les “7 étapes de guérison” et le lien entre les 6 mondes, leurs émotions et archétypes… Bref, notre créativité se trouve stimulée.
J’en profite pour remercier tous ceux et celles qui ont participé aux différents modules car ces rencontres nous encouragent à poursuivre notre action pour diffuser l’enseignement de PODVOLL, l’enrichir de notre pratique thérapeutique et de la recherche collective pour réaliser notre vision inspirante (de nombreux ilôts d’assistance de base qui permettront à chacun(e) de s’enrichir mutuellement, guérir ses blessures destructurantes et ouvrir son “champ de conscience” et surtout son cœur).
Dans cette vision inspirante collective, plusieurs participants ont émis le souhait d’une grande rencontre pour vivre ensemble l’assistance de base, échanger nos savoirs-faire mutuels et les expériences d’assistance de base.
En attendant, nous mettons nos énergies -entre autres- sur la mise en place des 2 équipes locales.
On vous tiendra au courant!
Au plaisir d’avoir de vos nouvelles.
Elisabeth

COLLOQUE “CANCER ET MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES”

30 mai 2010

Dimanche 4 juillet 2010
Salle des fêtes, 06140 Tourrettes-sur-Loup
10h00-18h00

Une rencontre organisée par l’association Cercle de Jade
Les informations communiquées dans ce colloque
ne se substituent en aucun cas à un avis médical compétent
Réservation requise :

* par téléphone au 04.93.32.07.86
(du mardi au dimanche, heures de bureau, ou laisser un message sur le répondeur)
* ou par email, en indiquant nom, prénom, adresse postale et téléphone(s) : jade.lecercle@gmail.com

PROGRAMME PRÉLIMINAIRE
Sommaire
Matinée 10h00-13h00 :

* Jean-Marc Governatori : “Politique de santé et libre-choix thérapeutique : par-delà les clivages entre médecines conventionnelles et non-conventionnelles”.
* Luc Bodin : “Pour une prise en charge globale et intégrative du cancer”.
* Tullio Simoncini : “Le cancer est un champignon - Une révolution en oncologie”.

Pique-nique sur place avec les intervenant(e)s pour le déjeuner.

Après-midi 14h30-18h00 :

*
Guadalupe Sanchez Freymond : “Que faire pour mieux vivre sa maladie et même guérir”.
*
Jean-François Jacob : “La cure de tous les cancers selon la doctoresse Hulda Clark”.
*
Yves Cassard : “La naturopathie préventive et curative des cancers”.

“Toute société a besoin de folie”, TAHAR BEN JELLOUN.

17 mai 2010

Citation extraite du site “psychiatrie infirmière” sur l’ethnopsychiatrie dont vous trouverez le lien ci-dessous;
…”Toute société a besoin de folie, écrit le romancier Marocain TAHAR BEN JELLOUN.
Dans les sociétés industrielles développées, le fou n’a pas sa place. Parce qu’il est en marge de la culture et de l’ordre économique, on l’enferme: on le sépare de la vie. La persistance de l’asile prouve combien la folie continue d’étendre ses pouvoirs d’inquiétude sur toute certitude”. Et de rappeler qu’en Afrique, il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait parler de cultures où la folie était l’expression d’une grande sagesse. Le fou était en quelque sorte l’élu de Dieu et de la Vérité dans les sociétés Africaines et Arabes. La distinction entre le normal et le pathologique relevait d’un univers culturel étranger à ces sociétés. Le fou était intégré dans la collectivité. Sa prise en charge était l’affaire de tout le village.
Ses “troubles” étaient considérés comme l’expression d’une réflexion approfondie pouvant se confondre avec une crise mystique.

Pour “guérir” le sujet, c’est-à-dire en fait pour rétablir un équilibre naturel autant que social menacé, le guérisseur va, à travers de nombreux rites auxquels toute la communauté prend part, rechercher l’esprit responsable du mal puis l’apaiser en respectant ses goûts. Décrivant cette forme de sociothérapie à travers les cérémonies spectaculaires du “n’doep” chez les populations LEBOU au Sénégal, deux ethnopsychiatres, Karl SCHMIDT et Jean GODIN, racontent qu’une grande fête est organisée sur la plage. Le patient en est la vedette. les danses durent plusieurs jours et un boeuf est sacrifié. Des rituels nombreux ont pour but de faire sortir l’esprit intrus du corps du malade et de le canaliser dans des endroits appropriés. La fête prend fin avec l’épuisement des participants, qui émergent peu à peu de véritables états de transe.

Commentant l’efficacité du “n’doep”, Karl SCHMIDT et Jean GODIN notent que les succès thérapeutiques obtenus ainsi par les indigènes sont remarquables quand il s’agit d’états “psychogènes”. Ils sont d’autant plus efficaces que le malade est plus fortement attaché à sa foi ancestrale. Ils observent également qu’il n’est pas étonnant que ces cérémonies rituelles, par les émotions qu’elles véhiculent, par la tolérance qu’elles manifestent, par la chaleur humaine qu’elles dégagent et par les régressions psychiques et les réorganisations de la personnalité qu’elles supposent, aient pour conséquence la réinsertion du sujet dans son groupe, sa tribu, sa société et, plus généralement, dans son “monde”.”

…Suite sur le site :
http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/ethnopsychiatrie/culture.htm

L’assistance de base: reconnaître les îlots de clarté, réunir ciel et terre, faire ensemble, laisser être …

29 avril 2010

 

L’Assistance de Base favorise le rétablissement, l’équilibre, la socialisation et l’insertion des personnes souffrant de troubles psychiques et d’isolement.

 

Elle sert de fondement à tout type de traitement. Elle accompagne la psychothérapie, les soins infirmiers et répond aux besoins de la personne, en lui permettant de retrouver la santé.

 

C’est grâce aux efforts concentrés de tout un groupe que l’on parvient à mettre en pratique l’Assistance de Base.

 

L’Assistance de Base se résume en 6 interventions essentielles :

 

L’EQUIPE, élargir la communauté des personnes avec lesquelles le patient est en relation

 

Cela implique de constituer une équipe comprenant :

 

·         un thérapeute principal, qui travaille individuellement avec le patient et qui fait partie du réseau des accompagnants

·         un coordinateur d’équipe, qui rassemble et coordonne les membres du groupe

·         plusieurs accompagnants

·         éventuellement un ou deux compagnons de voisinage qui cohabitent avec le patient.

 

L’activité de base de chaque accompagnant est définie par ses capacités propres (sportives, artistiques, ou autres) et est élargie avec les relations personnelles qu’il entretient à l’extérieur (famille, amis). La mise en place d’activités, et l’introduction d’une ou plusieurs personnes nouvelles permettent une ouverture sur le monde extérieur.

 

 L’équipe est constituée selon les souhaits et les besoins de la personne ; elle est modulable selon les cas, et les besoins.

 

L’ENVIRONNEMENT, facteur de guérison

 

La prise en compte de l’environnement est l’outil permettant de créer et de cultiver la santé au sein du foyer. Elle est une discipline thérapeutique essentielle dont la personne a besoin. Des activités telle que : entretenir la maison, nettoyer, faire les courses, jardiner, etc., permettent de maintenir la relation avec tous les organes des sens.

 

Le slogan « Applique-toi à nettoyer derrière toi » fait partie de la thérapeutique.

 

Revenir à la conscience de l’environnement (couleur, structure, posture) et à l’espace permet de nous extraire de la rêverie, et de nous plonger dans « l’ici et maintenant », « la présence » et de « retrouver ses sens ».

 

La maison thérapeutique est faite pour la protection et le bien-être de tous dans la simplicité et la dignité. L’ensemble de l’équipe doit cultiver sa propre relation à la santé.

 

 

LES ILOTS DE CLARTE, reconnexion à la réalité

 

En pleine psychose, se produisent des flashs spontanés de clarté, ou îlots de clarté, moments où l’esprit sort de la fixité. Ce sont des moments d’apaisement, de relâchement de l’intensité de l’esprit ; ils représentent la santé fondamentale qui subsiste sous les illusions psychotiques. Ces moments sont fragiles, car ils peuvent se manifester sous forme de doutes, d’introspections soudaines. Ils demandent à être reconnus et respectés.

 

Cette attitude à elle seule facilitera énormément le rétablissement.

 

Celui qui guérit doit apprendre à revenir à la vie normale « sur terre » et doit reconnaître les obstacles qui peuvent survenir. La guérison n’est pas un processus temporaire et définitif, elle consiste en une réalisation permanente à accomplir, durant laquelle on doit sans cesse faire face à des vérités essentielles sur sa personnalité.

 

Tous ceux qui guérissent de leur psychose, doivent comprendre « comment ça marche ».

 

 

REUNIR TERRE ET CIEL, synchronisation du corps et de l’esprit

 

L’interdépendance entre l’esprit, le corps et l’environnement, fait partie d’une compréhension profonde, parfois intuitive. Le potentiel thérapeutique d’un environnement sain est bien connu. Ce besoin de guérir par le biais d’une cellule familiale élargie a été à l’origine de nombreux clans de guérisseurs, de familles guérisseuses et de cercles de guérison parmi les populations indigènes à travers le monde (chez les Sioux Lakota par exemple).

 

L’environnement thérapeutique de base consiste à réunir un cercle de personnes qui soutiennent la guérison grâce à la « réunion de la terre et du ciel ». Le principe du ciel consiste à porter l’attention sur les dimensions spirituelles de la vie (s’entraîner à faire attention à la manière dont l’esprit prend de la vitesse, comment il s’apaise, le type de pensées qui déclenche le dérèglement de l’esprit, etc). Le principe de la terre comprend la conscience de la dimension sacrée de tous les éléments et de l’aspect précieux du corps humain (prendre en compte la manière de s’alimenter, de cuisiner, de dormir, réduire la dépendance médicamenteuse par un régime alimentaire adapté, un dosage précis et une responsabilisation progressive.)

 

Ciel et terre peuvent s’unir à travers l’attention portée aux détails du quotidien et dans la relation d’aide.

 

 

FAIRE ENSEMBLE, augmenter le niveau de responsabilité personnelle

 

C’est une formule clé du fonctionnement de l’Assistance de Base, car elle permet à la personne de revenir à des activités concrètes et pratiques de tous les jours en étant accompagné et guidé.

 

D’autre part, le retour à la santé mentale est facilité par la qualité d’être ; la bienveillance et la chaleur (être accepté et abordé avec gentillesse) sont des facteurs essentiels pour s’accepter soi-même corps et esprit.

 

Pour des personnes qui ont tendance à perdre le lien avec la réalité, c’est une façon de retrouver le contact avec celle-ci, par l’encouragement (nécessaire pour retrouver le chemin qui va les mener à la guérison), ainsi que par le développement naturel de leur propre compassion et de l’envie d’aider les autres pour sortir de l’enfermement.

 

 

LAISSER ETRE, aider à se détendre

 

Le but consiste à abandonner tout espoir de résultat en ce qui concerne le traitement ou la relation d’aide. Toute une panoplie de réactions (espoir, doute, désespoir…etc.) peut se manifester lors des sessions d’accompagnement, mais rien de tout cela n’est important dans le cadre de l’Assistance de Base. Le travail avec la personne fait des pas en avant et des pas en arrière. Il ne s’agit pas d’en conclure de l’efficacité ou au contraire de l’inefficacité du traitement, mais plutôt de « laisser être », c’est à dire mettre en pratique le sens de l’adaptation, en évitant de changer le cours des choses afin qu’elles deviennent ce que l’on pense qu’elles devraient être. Cette attitude d’ouverture, appelée « équanimité » revient à entretenir un état d’esprit apaisé : la détente s’installe entre soi et la personne.

 

Cette détente se retrouve dans la pratique accompagnée de différents exercices comme l’exercice physique, revenir à la respiration et aux sensations pour gérer les perturbations de l’esprit (voix-hallucinations). La pratique méditative assise (ou pleine conscience) est aussi la bienvenue pour détendre le corps et l’esprit.

 

 

 

 

L’Assistance de Base représente la synthèse pratique d’années de recherche et d’expérimentation dans des maisons thérapeutiques aux Etats-Unis.

 

 

Le Dr Edward Podvoll est à l’origine des premières expériences de maisons thérapeutiques aux U.S.A. Il a suivi un cursus classique en médecine et en psychiatrie. Il l’a ensuite complété par une longue analyse didactique avec Harold Searles, dans la lignée de Frieda Fromm-Reichmann, célèbre pour ses apports au domaine du traitement des psychoses. Il a également exploré le domaine de la psychologie bouddhiste. Devenu disciple de Chogyam Trungpa (qui a introduit aux USA le bouddhisme tantrique tibétain), il a rassemblé ses connaissances et mis au point une doctrine et une méthode de cure et postcure des psychotiques, qu’il a enseignée au département de psychothérapie contemplative de l’Université Naropa à Boulder.

Stéphanie Ollivier

 

 

 

 

 

 

 

 

29 avril 2010

L’accompagnement des personnes en souffrance psychique

20 avril 2010

L’assistance de base est une forme d’accompagnement destinée à aider –en dehors des périodes d’hospitalisation, à domicile (domicile des parents ou foyers indépendant), les personnes souffrant de troubles psychiques (dépression, tendance psychotique…) et à soulager leur famille.
Cette forme d’accompagnement à été mise au point par le Dr PODVOLL, psychiatre aux USA. Il a créé des « foyers » thérapeutiques reposant sur ces principes. Ensuite, cette approche a été reprise dans divers pays européens (Autriche, Suisse….). Il s’agit d’apporter un meilleur confort de vie aux personnes psychotiques grâce à la mise en place d’une équipe formée, dans un esprit d’échange et de partage qui valorise les personnes accompagnées et leur redonne, au fil du temps, l’envie de faire des projets personnels.

L’accompagnement repose sur les principes essentiels :
Permettre aux personnes accompagnées de vivre dans un environnement sain et de prendre en charge les taches domestiques.
Permettre aux personnes d’élargir leur cercle de relation.
Favoriser l’autonomie et la prise de responsabilité.
Apprendre à gérer les accélérations mentales et à avoir une hygiène de vie saine.
Élaborer un projet de vie, en fonction de l’autonomie de chacun.

L’équipe :
Elle est constituée de :
Un colocataire si nécessaire
Un coordinateur d’équipe
Un psychothérapeute
Des accompagnants bénévoles pouvant aussi être des personnes de l’entourage
Tous les accompagnants sont formés à l’écoute de manière à :
Accompagner dans l’ouverture et la bienveillance les personnes au quotidien dans leurs activités domestiques et ce qu’elles souhaitent partager (activités manuelles, sorties, apprentissages divers) dans un esprit d’échange et de partage.
Reconnaître et favoriser ce que PODVOLL appelle les « îlots de clarté », moments de lucidité et de prise de conscience où les personnes retrouvent le contact avec le réel.
Aider la personne à élargir son champ relationnel et favoriser la réhabilitation sociale.

Les moyens de cohésion :
Diverses réunions hebdomadaires conduites par le coordinateur d’équipe reposant sur les principes de l’assistance de base (développer la qualité de présence et d’ouverture à l’autre, gestion des « émotions ») dont le but est de favoriser le bon fonctionnement de l’équipe et de maintenir une relation positive entre les membres et avec la personne accompagnée.

En conclusion, l’assistance de base est une discipline qui soutient les familles en proposant une équipe de personnes formées.
Elle aide les personnes souffrant de troubles psychotiques à se rétablir.
Elle permet, par effet miroir, aux accompagnants de travailler sur leurs propres qualités relationnelles, dans une approche humaniste respectueuse de soi, de l’autre et de l’environnement.

Elisabeth FRIT
La Tempérance – IEPNL
www.temperance.com