J’étais différent des autres

1 juin 2009

Depuis ma toute petite enfance j’ai toujours compris que j’étais différent des autres.

Avec du recul je constate que j’étais dans un monde comparable à celui des autistes. Ma famille toute entière est sujette à des troubles psychiques. Je me suis très tôt rendu compte que beaucoup d’éléments illogiques régissaient les comportements de notre famille.

J’ai compris ces dernières années que des oncles “lointains” avaient également eu des troubles du comportement.

L’enracinement si profond des convictions des sujets “fragiles” ayant développés des pathologies psychiques est ce qui les empêche de guérir. Ces sujets ont trop souffert et le travail pour guérir dépend uniquement du sujet lui-même.

Les psychiatres et l’entourage ne sont que des repères pour le sujet. Il doit les prendre en considération pour trouver le chemin de sa vie, mais doit avant tout compter sur son travail.

Retrouver la Santé Mentale

10 septembre 2008

Article paru dans le numéro 22 du bulletin de liaison de l’association Espoir 54.

A l’occasion de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale le film suisse « Someone beside you » d’Edgar HAGEN, a été présenté au Forum de l’IRTS devant un public curieux, intrigué, décontenancé à certains moments, tant ce film autour de la pensée et de l’œuvre du psychiatre et moine bouddhiste intrigue et sort des sentiers battus.

Il fallait aller plus loin et se plonger dans le livre écrit par le Docteur Edward PODVOLL lui-même sous le titre original de « Retrouver la santé mentale » dans sa deuxième édition de 2003, mais dont le titre en français est devenu « Psychose et guérison : le chemin de la compassion ».

Ce livre imposant de près de 400 pages est donc paru en français aux Editions de la Tempérance, fin 2007. La Tempérance est un Institut de formation créé par Bernard et Elisabeth FRIT dans le Puy-de-Dôme. Lorsque ces derniers ont appris que le film allait être passé à Nancy, ils ont très gentiment adressé quelques exemplaires du livre aux organisateurs et animateurs de la soirée.

Le travail de toute une vie

Le Docteur PODVOLL, décédé en 2003, était psychiatre et psychanalyste, élève d’Harold SEARLES et de Frieda FROMM REICHMANN, diplômé de l’Institut Psychanalytique de Washington. Clinicien et enseignant très impliqué dans le traitement des psychoses il se tourna, parallèlement à ses recherches cliniques, vers la méditation bouddhiste afin d’approfondir sa compréhension des mécanismes de l’esprit humain.

Cet ouvrage parachève le travail de toute une vie au service de la guérison de la psychose.

La préface indique : « Tous les chapitres de ce livre démontrent que, conjointement et au sein même de la souffrance psychotique, existent toujours, en potentiel, la clarté et l’ouverture de l’esprit et du cœur », et l’épilogue ajoute : « l’intention de ce livre est d’inspirer à notre société plus de compassion dans notre manière de traiter les malades mentaux. A un degré ou un autre, ceci s’applique à chacun d’entre nous, car la folie est le souci de tout le monde : si vous avez un esprit, celui-ci peut devenir fou ; tant qu’il y a de l’égocentrisme, perdure la possibilité que la psychose s’en empare ».

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Critique dans le Bulletin des Médecins Suisses

9 septembre 2008

Une critique assez approfondie de Psychose et Guérison par Philippe Huguelet dans le Bulletin des Médecins Suisses” de Juillet 2008.

Voici la première page de l’article :

Article 1ere page

Le soin aux patients souffrant de troubles psychotiques
reste complexe. Les traitements pharmacologiques
sont la plupart du temps indispensables,
quoique largement insuffisants. Par
conséquent, l’approche psychosociale qui l’accompagne
représente un défi pour le clinicien.
Dans ce sens, des travaux récents mettent en
exergue le principe du rétablissement, qui implique
de prendre le patient comme acteur de
son projet de vie et ce même si d’éventuels symptômes
persistent [2]. Malgré cela, de nombreux
systèmes de soins s’obstinent à perpétrer une
psychiatrie paternaliste, voire asilaire dans laquelle
le patient n’a qu’un rôle passif.

Le rétablissement
C’est dans ce contexte que s’inscrit le livre
d’Edward M. Podvoll. Ce médecin fut formé au
traitement des psychoses par Harold Searles à
Chesnut Lodge, aux Etats-Unis [3]. Fort de cet
enseignement psychanalytique, il se tourna ensuite
vers la méditation bouddhiste puis créa en
1981 le projet Windhorse dans le but de soigner
des patients souffrant de psychose, en impliquant
notamment des préceptes bouddhistes. Le présent
ouvrage décrit cette démarche. Il consiste en
la traduction d’un livre paru en 1990, complété
dans cette édition par deux annexes.

Phénoménologie
Une première partie expose les situations de personnages
historiques ayant décrit leurs propres
épisodes psychotiques, spontanés ou consécutifs
à la prise de substances. L’auteur nous amène
à une compréhension phénoménologique intime
de ces expériences. De manière très convaincante,
il décrit le début de la psychose, caractérisée par
la perte de contrôle. «On ne peut ni s’arrêter, ni
commencer; une sorte de vaste système d’inertie
a disparu […]. C‘est une zone de choc, l’expérience
universelle, […] l’état second» (p. 157). De
cet «état second» naissent ce que l’auteur appelle
les micro-opérations, p. ex. l’accélération des
idées, leur répétition, multiplication, prolifération
… Dans cet état subsistent des «îlots de
clarté», desquels la reprise de contact avec le
monde va être envisagée dans le traitement. «Il
n’est pas sot de dire que c’est l’hallucination qui
rend fou et non pas la folie qui donne l’hallucination
…» (p. 152). Très justement, l’auteur
observe que ce tableau clinique impose deux
réponses possibles: celle de se déchaîner ou celle
de devenir apathique.
C’est à cette phénoménologie que le thérapeute
va être confronté dans son contact aux patients.
«Le retour à la santé ne peut se produire
qu’au sein d’un environnement sain, dans une
atmosphère de compassion et de respect, qui
peut favoriser le déroulement des étapes de la
transformation» (p. 139). Podvoll mentionne
une situation illustrative au XIXe siècle: «[…]
pour atténuer cette influence médicale, [le patient]
milita de plus en plus pour que les prêtres
participent aux soins des aliénés» (p. 83).

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“Libéré sans Parole” de Claudette Rossi - Extrait n° 1

22 août 2008

Premier extrait du texte “Libéré sans Parole” de Claudette Rossi, dans lequel elle nous relate sa “prime rencontre” avec Monsieur H., pensionnaire depuis 32 ans de l’hôpital psychiatrique au sein duquel elle intervient. Elle sera, par la suite, amenée à accompagner sa sortie et son installation définitive hors des murs de l’établissement.

La prime Rencontre

Alors que je traversais le parc de l’hôpital, par une douce journée de printemps, je l’ai aperçu. Il était arrêté, mains dans le dos, allure nonchalante, l’air rêveur et le regard perdu dans la contemplation d’un arbre en fleurs, nimbé d’or. Son visage, tendu vers le ciel, était d’une sérénité contemplative. Son corps, légèrement incliné en arrière, tel un « roseau pensant », semblait animé d’un balancement à peine perceptible, comme s’il était bercé par des bras invisibles, au son d’une musique sacrée. Vision insolite qui a attiré mon attention. Je me suis arrêtée un instant et l’ai regardé en silence pour ne pas troubler cette scène singulière, car il ressemblait à un poète en quête d’inspiration. Il semblait totalement détendu, perdu dans un ailleurs invisible, et humait, avec délectation, aurait-on dit, les premières effluves printanières, entièrement abandonné à sa méditation. Cependant, un trait paradoxal flottait dans ce tableau bucolique. Qu’était-ce donc ? Sa stature, la forme de son visage, sa barbe, tout en lui me faisait penser à Victor Hugo et cependant - était-ce là le paradoxe ? - quelque chose de béotien émanait de lui. Les béotiens, habitants de la Béotie, région de Grèce, passaient, chez les grecs de l’Antiquité, pour ignorants et sans esprit. Par extension, un béotien est un être lourd, peu ouvert aux lettres et aux arts, de goûts grossiers. Qu’est-ce qui, dans ce tableau lyrique, pouvait bien m’évoquer ce trait philistin ? Peut-être son aspect mastoc, trapu, sa silhouette massive.

Après l’avoir regardé pendant quelques secondes en silence, je me suis avancée vers lui pour lui adresser la parole. Je l’ai salué avant de lui dire qu’il ressemblait à un poète… Émergeant de sa contemplation avec lenteur, il s’est tourné vers moi sans diligence, m’a écoutée et a éclaté de rire, une étincelle de joie vive dans les yeux. Nous avons conversé un instant avant de nous séparer. Première rencontre qui aurait pu s’exprimer dans une églogue, petit poème pastoral ou champêtre, comme en écrivaient Virgile ou Ronsard, tant elle était extravagante et poétique.

Les rencontres suivantes furent plus prosaïques, car elles ont toutes eu lieu dans le self de l’hôpital, où Monsieur H. passe parfois de longues heures, assis, seul, les bras croisés appuyés sur une table, le corps avachi, penché en avant, menton dans la poitrine, l’air renfrogné et bourru. À chacun de mes passages, quand je le voyais fermé, peu accessible, je n’allais vers lui que s’il levait les yeux, m’invitant, en quelque sorte, à le rejoindre. Quand il ne veut pas qu’on l’aborde, il enfonce davantage le menton dans le cou, rehausse un peu plus les épaules, comme s’il voulait se dissimuler à l’intérieur de lui-même. Ces autres rencontres ont été rares et ont émaillé ces trois dernières années.

Ce personnage hétéroclite m’a, ce jour de printemps 2005, ouverte à un désir professionnel. Désir qui est resté en suspens jusqu’à ce que le Docteur Z. m’interpelle, le mercredi 13 février 2008, pour me formuler sa requête.

Avant d’aborder l’anamnèse de Monsieur H., et de relater le travail effectué par les professionnels du soin au cours des trente deux dernières années - sa première hospitalisation datant de 1976 - je vais développer un questionnement professionnel, suscité par une situation vécue dans le cadre de son « projet » de sortie. Pour mieux comprendre cette interrogation, il est nécessaire de savoir que depuis son arrivée dans notre secteur, il y a seize ans, il s’est peu à peu coupé du monde extérieur, ne sortant plus de l’enceinte du parc de l’hôpital depuis des années.

Colloque “D’une Clinique Autre de la psychose (La Porte de la forclusion)” - 4 et 5 octobre 2008 - Hôpital Montperrin - Aix-en-Provence

12 août 2008

Claudette Rossi, Psychanalyste-éducatrice spécialisée en psychiatrie adulte, dont le travail va dans le sens de celui du Docteur Podvoll, organise les 4 et 5 octobre 2008 un colloque à l’hôpital Montperrin à Aix-en-Provence sur le thème de la psychose.

A suivre dans de prochains articles, extraits de ses textes « D’une Clinique Autre de la psychose » et « Libéré sans parole ».

ARGUMENT GENERAL DU COLLOQUE

D’une expérience singulière, étayée et enrichie par plusieurs cas cliniques offrant une vision protéiforme de la manifestation psychotique, émerge une nouvelle approche de la structure originelle de la psychose, sous sa forme la plus archaïque.

Autour d’un tronc structurel commun, des axes de réflexion, sous-tendus principalement par les notions de forclusion, exclusion, et passage se recouperont et s’articuleront en une chaîne signifiante, permettant de ré-envisager le sujet à structure psychotique dans sa présence à lui-même, au monde qui l’entoure et à l’univers des soignants -qu’il s’agisse du cadre analytique ou institutionnel- et de percevoir sous un nouvel éclairage l’interactivité de ces univers.

PROGRAMME

Samedi 4 octobre

9H30 : Accueil

10H : La Porte de la forclusion

La question de la for-clusion sera abordée bien au-delà de la traduction étymologique littérale : « enfermement dehors. » Si fors signifie « dehors », il est issu de fores,-is qui signifie la porte (de maison, particulièrement celle qui s’ouvrait au-dehors). Symboliquement, que représente cette porte et pourquoi les Sujets à structure psychotique sont-ils enfermés dehors ? Le franchissement de cette porte est-il possible ? Le Sujet est-il forclos à jamais ?

Modératrice : Christiane Dieppedalle

12H : Pause repas

14H30 : Transfert psychotique ou « Transfert d’Am-ur »

« Vous avez fait un trou dans ma fonction paternelle. »

Cette parole d’une analyste à son analysante, verbalisée en aval de la cure, exprime très exactement l’effet du Transfert d’Am-ur psychotique sur le psychisme de l’analyste.
Confronté à ce « trou », comment l’analyste réagira-t-il ? Ce Transfert révèlera chez ce dernier le « noeud gordien », à savoir le Non du Père, à l’origine de la structure oedipienne.

Modératrice : Frédérique Saldès

Dimanche 5 octobre

9H30 : Accueil

10H : Psychose et for-clusion, psychiatrie et exclusion

« Sortir les chroniques » de psychiatrie… Les méthodes utilisées peuvent parfois s’apparenter à de l’exclusion.. Quel impact cette exclusion peut-elle avoir sur des Sujets à structure psychotique, marqués par la forclusion ? Cette réflexion nous amènera à nous interroger sur le soin.

Modérateur : José Guey

12H : Pause repas

14H30 : D’une écriture poétique de la psychose

Le Sujet à structure psychotique baigne dans le monde des images. Il sera démontré qu’au-delà du symptôme se trouve la poésie…

Pour Claudette Rossi, rien de thérapeutique ne peut s’enclencher tant que la Rencontre ne se réalise pas dans ce bref espace-temps où le merveilleux transcende le concret de la réalité banale du symptôme, le sublimant. Ces êtres hors du commun éveillent en elle une écriture poétique qui, dès la première ébauche, traduit l’inexprimable de la Rencontre.

Dans ce contexte particulier, l’écriture ex-prime et ex-scrit ce qui, dans la psychose ne s’im-prime pas et ne s’in-scrit pas. Elle est le liant transférentiel qui laisse la trace
écrite de l’impossible inscription.

Modérateur : Urbain Azard

17H : Fin du colloque

TEXTES DE CLAUDETTE ROSSI

« D’une Clinique Autre de la psychose »

« Libéré sans parole »

(Avec envoi 6 euros)


Colloque D’une Clinique Autre de la psychose (La porte de la forclusion)

Samedi 4 et dimanche 5 octobre 2008
Hôpital Montperrin
109, avenue Petit Barthélémy
Aix-en-Provence

BIBLIOTHEQUE FREUDIENNE SERGE ZLATINE (Association loi 1901)
30, avenue de Sainte-Anne
13008 Marseille

Je suis atteint de schizophrénie…

6 juin 2008

Je suis atteint de schizophrénie déclarée. Je suis actuellement sous traitement, qui m’a été imposé, intramusculaire de rysperdhal (antipsychotique), j’ai également été traité par tercian, clapixol, solian et d’autres médicaments dont je ne me souviens plus les noms.

J’ai été hospitalisé environ 10 fois (je dis environ car des fois je ne suis pas resté et on m’a laissé sortir). J’estime, et même je suis certain d’avoir guéri à plusieurs reprises par différentes méthodes.

Le fait que j’aie rechuté est du à un sentiment d’insécurité vis-à-vis de la psychiatrie ; je suis persuadé que beaucoup de psychiatres savent qu’on peut guérir de schizophrénie. Pourtant, dans les hôpitaux psychiatriques, on crée des blocages psychologiques parce qu’on ne veut pas entrer dans le délire schizophrène, on le bloque, on l’emprisonne. Bien souvent, on colle une étiquette à vie sur la personne concernée. On la stabilise, on l’immobilise, (dans tous les sens), le terme le plus exact est on l’empêche.

A cause des médicaments, elle devient esclave de son psychiatre, incapable de gérer et de commander sa vie.

Les schizophrènes comme beaucoup de malades mentaux sont maltraités.

Les fous ont toujours dérangé les bien-pensants !

Julien

Formation à l’Assistance de Base

20 mai 2008

Qu’est-ce que l’assistance de base ?

L’assistance de base a été mise au point par le Dr. Edward PODVOLL, psychiatre et psychanalyste, élève d’Harold SEARLES et de Frieda FROMM-REICHMANN, eux-mêmes particulièrement impliqués dans le traitement de la maladie mentale. Ses recherches cliniques l’amenèrent à appliquer « l’assistance de base », mode d’accompagnement et de psychothérapie des personnes psychotiques au sein de structures spécifiques (Centres Windhorse) et à envisager cette approche au sein de l’université de Naropa (Etats-Unis) Le Dr. E. PODVOLL décrit cette approche dans l’ouvrage « Psychose et Guérison - le Chemin de la Compassion » - aux éditions LA TEMPÉRANCE

Public concerné

L’assistance de base s’adresse aux parents, conjoint(e)s souffrant de troubles psychiques (psychoses, etc.), aux psychothérapeutes, psychologues et personnes travaillant dans la relation d‘aide. (L’assistance de base est également adaptée à toute personne souffrant de troubles ne nécessitant pas d’hospitalisation en long séjour : personnes âgées, enfants ou adolescents en difficulté, personnes dépendantes -drogues, alcool, etc.)

Pour voir le programme de la Formation.

Dossier de presse avril 2008

22 avril 2008

Une présentation dans “Psychologie Magazine” d’avril 2008

Pyschologie magazine avril 2008

Présentation dans “Alternative santé” d’avril 2008

Alternative santé avril 2008

De l’importance de l’histoire de la santé mentale

11 mars 2008

C’est la guérison de la psychose, et non la réforme du système de santé qui demeure le sujet fondamental de cet ouvrage. Avant toute chose, cet écrit part du point de vue que la guérison authentique de la psychose est possible.

Les instants de guérison naturelle, les « îlots de clarté » comme j’en suis venu à les appeler, se produisent à tout moment dans l’expérience de la psychose ; non seulement ils peuvent être identifiés et reconnus mais ils doivent aussi être protégés. En fin de compte, ce livre raconte comment percevoir et cultiver les îlots de clarté. En effet, c’est de cette manière qu’une guérison totale de la psychose peut s’opérer et se maintenir sans avoir recours à des méthodes de traitement agressives ou physiquement intrusives. Pourtant, la possibilité même qu’une personne puisse guérir complètement de la psychose est généralement mise en doute et contestée, et de nombreuses réticences freinent encore le développement de méthodes non intrusives –comme s’il n’y avait aucune continuité entre psychose et santé mentale et que nous pouvions ignorer nos propres esprits et le potentiel effrayant de la folie en chacun de nous.

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Reconnaître les fonctions mentales qui propagent la folie

11 mars 2008

Si la personne atteinte de psychose n’arrive pas à reconnaître les fonctions mentales de base qui propagent sa folie, alors celle-ci tend à se prolonger. Et c’est là la vraie valeur du livre de E. Podvoll : il explique clairement la nature des états psychotiques, au travers de récits poignants rédigés à la première personne, ainsi que les moyens de recouvrer la santé mentale. Ainsi, Windhorse et ce livre prolongent l’évolution du modèle médical actuel de la maladie mentale, vers une vision plus holistique du complexe corps-esprit.

Le livre Psychose et Guérison peut avoir plusieurs usages pour le lecteur. Il lui donne des instructions précises sur la façon d’assister efficacement une personne qui souffre et de gérer au mieux l’environnement de celle-ci. Il peut lui servir de manuel dans la transformation d’une maison ordinaire en un environnement thérapeutique familial au bénéfice de toutes les personnes concernées. Il lui propose quelques idées phares sur le moyen de casser l’engrenage qui ramène inlassablement vers la psychose. Il le guide aussi dans le dédale apparemment inextricable des expériences psychotiques. Enfin, il lui fournit les moyens d’explorer sans crainte son propre potentiel à la folie.

Tout autant que de travailler avec un patient égaré dans « ses extrêmes », la lecture de cet ouvrage est un exercice d’humanité. Aussi bien, le lecteur que le patient méritent ce type d’attention douce et persistante. Ainsi, je vous invite à entamer cette lecture comme vous agiriez avec une personne souffrant de maladie mentale, et à faire appel à votre propre expérience pour surmonter les obstacles que vous y rencontreriez. Manifestez votre présence, observez de près, et mettez tout votre coeur à cette rencontre. Mais sachez que « c’est un point de non retour : une fois que vous avez mordu au centre de la terre, c’est trop tard, vous ne pouvez plus vous en débarrasser ». Comme le Dr. Podvoll me l’a montré, il vous montrera comment psychoses et îlots de clarté fonctionnent ensemble, et je crois que vos vues en seront modifiées et s’ouvriront. « S’il existe un antidote à la folie, il est là, dans le fait de s’ouvrir. »